Musée d'histoires des Laurentides
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Musée d'histoires des Laurentides — Un parcours en cinq thématiques

Expositions

Découvrez la vie des premiers arrivants au travers de cinq thématiques qui ont marqué l'histoire des Hautes-Laurentides. Chaque volet de l'exposition vous plonge dans une époque, un mode de vie, un destin.

Thématique 1

Premières Nations

Bien avant l’arrivée des Européens, le territoire des Hautes-Laurentides était occupé par les Premières Nations, principalement les Algonquins, ou Anishinabeg. Ils formaient une société structurée, ancrée dans une spiritualité profondément liée à la Terre-Mère. Le savoir, transmis oralement de génération en génération, préservait la langue, les traditions et les récits fondateurs.

L’arrivée des Européens au XVIIe siècle bouleversa leur mode de vie. Les alliances commerciales, en particulier avec les Français, introduisirent de nouveaux outils, mais aussi des maladies, des conflits armés et une lente perte d’autonomie. La colonisation, les traités inéquitables et la sédentarisation forcée eurent des conséquences durables sur leur mode de vie et leur territoire.

Au même moment, un conflit majeur éclata entre les peuples iroquoiens des Grands Lacs et les populations algonquiennes du nord. Les Iroquoiens, mieux armés grâce à leurs alliés hollandais, convoitaient les riches territoires de chasse au castor. La Nation wendate (appelée « huronne » par les Français), pourtant alliée aux missionnaires, fut la première victime d’un véritable génocide.

Ce conflit s’étendit vers le nord, touchant la Nation des Weskarinis, établie le long de la rivière des Outaouais et de ses affluents, dont les rivières Petite-Nation, Lièvre et Rouge. Le conflit culmina avec le massacre des Weskarinis au lac Nominingue. Pour échapper aux incursions ennemies, les Weskarinis et les Anishinabeg commencèrent à privilégier la rivière du Lièvre — plus difficile à naviguer avec les grands canots iroquoiens — comme voie d’accès vers le nord.

Lorsque les colons européens s’installèrent dans la région à partir des années 1880, plusieurs familles anishinabeg y vivaient encore. Bien souvent, elles accueillirent les nouveaux arrivants en partageant leur connaissance fine du territoire.

Aujourd’hui, la Nation anishinabeg de Kitigan Zibi, située à l’ouest des Hautes-Laurentides, en Outaouais, ainsi que d’autres communautés, poursuivent la défense de leurs droits ancestraux. Elles œuvrent activement à la revitalisation de leur culture, de leur langue et de leurs traditions, tout en jouant un rôle central dans la protection du territoire.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Thématique 2

Colonisation

Le mouvement de colonisation des Hautes-Laurentides prend son essor sous l’impulsion du curé Antoine Labelle. Figure marquante du XIXe siècle, il prône l’ouverture de nouvelles zones de peuplement dans le nord du Québec pour freiner l’exode des Canadiens français vers les États-Unis.

Ce n’est toutefois qu’à partir des années 1880 que la colonisation s’étend véritablement jusqu’aux Hautes-Laurentides. Deux principales voies permettent alors aux pionniers d’atteindre ces terres : une route terrestre partant de Saint-Jérôme traverse les Laurentides jusqu’à la vallée de la Rouge, tandis qu’un parcours fluvial, depuis Buckingham, permet de remonter la rivière du Lièvre jusqu’à la vallée du même nom.

L’année 1885 marque un tournant avec la construction du chemin de colonisation Chapleau, qui relie Nominingue (vallée de la Rouge) à Kiamika, à proximité du point de rencontre entre les vallées de la Lièvre et de la Kiamika.

Dès lors, la colonisation s’intensifie, en particulier dans la vallée de la Lièvre. Des familles, souvent originaires des Basses-Laurentides, montent vers le nord à la recherche de terres agricoles. De nouvelles colonies voient le jour : Rivière-Rouge/L’Annonciation (1878), Nominingue (1883) et La Macaza (1886) dans la vallée de la Rouge ; Kiamika (1883) et Mont-Laurier (1885) dans celle de la Lièvre. Certaines localités, comme Notre-Dame-du-Laus et Notre-Dame-de-Pontmain, avaient toutefois déjà été colonisées une à deux décennies plus tôt par des familles venues de l’Outaouais.

L’arrivée du chemin de fer en 1909 insuffle un nouvel élan au développement régional. Le train facilite grandement l’accès aux Hautes-Laurentides. La colonisation s’étend alors autour des noyaux déjà établis en plus de se lancer dans des zones plus éloignées.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Thématique 3

Foresterie

Le XIXe siècle marque le début de l’exploitation intensive de la forêt laurentienne pour ses précieuses ressources. En 1806, Napoléon Ier impose un blocus continental à la Grande-Bretagne, coupant cette dernière de ses sources européennes de bois. La Grande-Bretagne se tourne alors vers sa colonie en Amérique pour l’approvisionnement.

Philémon Wright, un industriel d’origine américaine, saisit cette opportunité. Il s’installe sur le site de l’actuelle ville de Hull, obtient des concessions forestières le long de la rivière des Outaouais et de la Lièvre, et se lance dans le commerce du bois. Pour transporter les billots jusqu’à Québec, il développe une technique originale et efficace : les trains de bois. C’est la naissance des cageux (raftmen).

Devant le succès de Wright, d’autres entrepreneurs emboîtent le pas : les frères Hamilton s’établissent sur la rivière Rouge, tandis que Baxter Bowman et Lévi Bigelow développent leurs activités sur la Lièvre.

Mais l’industrie forestière évolue. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, la demande en bois de charpente décline au profit du bois de pulpe destiné à la fabrication de papier. La presse écrite est en pleine expansion, et les besoins en pâte à papier s’accroissent. Les longues billes de 16 pieds sont progressivement remplacées par les pitounes de 4 pieds, plus faciles à traiter dans les usines.

Cette transition marque le passage de l’ère des pionniers du bois à celle des grandes compagnies papetières. Sur la rivière Rouge, la Canadian International Paper prend la relève des Hamilton. Sur la Lièvre, c’est la James MacLaren Co. qui acquiert les droits d’exploitation forestière.

L’abandon du commerce du bois d’œuvre par les grandes entreprises ouvre toutefois la voie à une industrie régionale dynamique de scieries locales. Pendant une large part du XXe siècle, ces moulins à scie joueront un rôle central dans l’économie des Hautes-Laurentides.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Thématique 4

Éducation

Dès leur arrivée, les colons des Hautes-Laurentides placent l’éducation au cœur de leurs priorités. Les premières écoles, souvent installées dans les chapelles, apparaissent peu après la fondation des villages.

Au fur et à mesure que la population croît, des écoles de rang sont construites dans les campagnes environnantes, permettant aux enfants de recevoir une instruction de base sans devoir parcourir de longues distances — ce qui donnera lieu à ces récits bien connus de marches hivernales dans la neige. Ces écoles primaires sont généralement dirigées par des institutrices spécialement formées.

Pendant plusieurs décennies, l’enseignement primaire demeure la seule forme d’éducation accessible dans la région. Mais à partir du XXe siècle, on cherche à offrir une éducation plus poussée. Des établissements spécialisés sont alors fondés, souvent administrés par des communautés religieuses. L’École normale et le Séminaire de Mont-Laurier, ainsi que le Collège de Nominingue, gagnent rapidement en prestige. Ils attirent des élèves de partout au Québec, contribuant au rayonnement éducatif de la région.

La Révolution tranquille marque aussi un changement majeur dans ce domaine. L’enseignement passe des mains des congrégations à celles d’enseignants laïcs, diplômés des universités. C’est la fondation du système d’éducation moderne, public et universel.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Thématique 5

Santé

Comme dans l’ensemble du monde occidental, le XXe siècle marque une profonde transformation des soins de santé dans les Hautes-Laurentides. La professionnalisation des métiers et les avancées scientifiques transforment radicalement la manière de soigner entre le début du siècle et aujourd’hui.

À l’époque de la colonisation, à la fin du XIXe siècle, les soins sont rudimentaires et prodigués à domicile, souvent par les mères de famille. Leur savoir repose sur des remèdes transmis oralement — les fameux « remèdes de grand-mère » — souvent inspirés des connaissances autochtones. La seule figure reconnue en matière de soins est alors la sage-femme, qui accompagne les accouchements.

Progressivement, des médecins de campagne, formés à l’université, s’installent dans les villages. Ils consultent chez eux ou se déplacent de maison en maison, au service des colons.

Au début du XXe siècle, des institutions de santé structurées apparaissent, souvent sous l’égide du clergé. En 1931, les Sœurs Grises d’Ottawa prennent en charge l’hospice Sainte-Anne à Mont-Laurier. Les soins infirmiers sont majoritairement assurés par les religieuses, tandis que les traitements médicaux plus complexes relèvent des médecins laïcs.

L’après-guerre marque un tournant. Les besoins croissants en infrastructures modernes et les progrès médicaux mènent à la construction des deux principaux hôpitaux de la région : Mont-Laurier (1950) et Rivière-Rouge (1961).

Avec la Révolution tranquille, le système de santé change radicalement. L’État prend en charge les soins, les congrégations religieuses se retirent, et les établissements sont désormais gérés par des professionnels issus de la fonction publique. C’est la naissance du réseau de santé tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Trois personnages historiques

Vous aurez aussi l'occasion de découvrir l'histoire régionale au travers des récits de trois personnages historiques importants dans le développement de la vallée de la Lièvre : Thomas Mikwanabé, Joseph Guérin et Jos Montferrand

Les peuples autochtones

Thomas Mikwanabé

Dans la tradition orale locale, les origines de Thomas Mikwanabé restent empreintes de mystères. Certains diront qu'il est d'origine iroquoise, d'autres d'origine algonquine. Selon les uns il viendrait d'abord d'Oka alors que pour d'autres il aurait vécu toute sa vie dans la région. Démystifions le tout.

D'abord, son acte de baptême nous apprend deux éléments d'importance : il naît à Oka en 1830 d'un père (François Mikwanabe) et d'une mère (Marie Josèphe Makwa) appartenant à la nation algonquine, eux-mêmes enfants de parents appartenant à cette même nation.

De plus, la mention d'appartenance à la nation algonquine revient au moins une dizaine de fois dans les documents d'état civil du couple. On peut donc exclure le fait qu'il ait été d'origine iroquoise ou qu'il serait né dans la région.

Il est donc clair que Thomas Mikwanabé vient originellement de la mission du Lac des Deux-Montagnes dans la région d'Oka. Sa généalogie, tant du côté de son père que de sa mère, nous indique clairement une appartenance à la nation algonquine, vraisemblablement Anishinabeg du côté de son père et fort probablement Nippissingue du côté de sa mère, deux communautés algonquines qui étaient présentes à la mission du Lac des Deux-Montagnes.

La seule photo connue de Thomas Mikwanabé, selon nos recherches, corrobore l'histoire familiale voulant que Thomas jouait du violon (deuxième moitié du XIXe siècle). Elle est présentée dans le parcours, au repère de Tomkin.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Les pionniers

Joseph Guérin

Joseph Guérin est aujourd'hui reconnu comme un des premiers colons de Kiamika. Ce fut l'un des premiers membres de la Société de colonisation de Montarville à répondre à l'appel à la colonisation de l'organisation. Originaire de Chambly où il était instituteur, M. Guérin fait exception parmi les colons-agriculteurs puisqu'il est relativement éduqué.

Heureusement pour nous, sa maîtrise de la langue et son expérience de colonisateur l'amèneront à composer un récit sur ses premières années de colonisation où il détaille diverses difficultés que rencontrait un colonisateur. Routes impraticables, isolement, terre de bois à rendre cultivable, mouches abondantes, etc., son récit nous offre un regard sur les épreuves qu'ont dû traverser nos prédécesseurs pour rendre possible notre vie actuelle.

Vous pouvez consulter le texte à la Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Les forestiers

Jos Montferrand

Jos Montferrand est une figure importante pour la région de la Haute-Lièvre, particulièrement pour les municipalités de Lac-des-Îles et de Kiamika qui bordent toutes deux les limites de la Ferme Rouge et de la Ferme du Wabassee.

En 1832, c'est lui qui est chargé par la compagnie forestière de Baxter Bowman, établie à Buckingham, d'établir deux nouvelles fermes forestières sur la rivière du Lièvre, la Ferme du Wabassee et la Ferme Rouge. Jusqu'en 1840 environ, il sera sur le territoire des Hautes-Laurentides, défrichant et bâtissant sur ces deux sites.

L'un des hommes forts du Québec à la réputation mythique, Montferrand est également connu pour ses qualités de combattant. Selon la légende, en 1829, sur le pont de La Chaudière à Hull, il aurait envoyé 150 « shiners » (travailleurs d'origine irlandaise) valdinguer dans la rivière des Outaouais en utilisant l'un d'eux comme massue, le tenant par les pieds pour frapper ses adversaires.

Source : Société d'histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) — Musée d'histoires des Laurentides

Galerie historique

Illustration de W. M. Macdonnel, tirée d'un article de Wilfrid Laurier. Domaine public.
Illustration de W. M. Macdonnel, tirée d'un article de Wilfrid Laurier. Domaine public.
Vue sur le moulin à scie et la taverne de Philémon Wright, 1823. Henry DuVernet.
Vue sur le moulin à scie et la taverne de Philémon Wright, 1823. Henry DuVernet.
Le pont Union où Montferrand aurait combattu plus de 100 Irlandais. Photo W. J. Topley.
Le pont Union où Montferrand aurait combattu plus de 100 Irlandais. Photo W. J. Topley.
Armoiries de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Libre de droits.
Armoiries de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Libre de droits.
Philémon Wright vers 1820. Library and Archives Canada.
Philémon Wright vers 1820. Library and Archives Canada.
Taverne J. A. Laporte, 1928, Montréal. Domaine public.
Taverne J. A. Laporte, 1928, Montréal. Domaine public.

Source : SHGHL — Musée d'histoires des Laurentides • histoires.escapadekiamika.ca

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Du 21 juin au 12 octobre à Kiamika. Venez découvrir l'exposition en plein air, au cœur des Hautes-Laurentides.